Accord sur le fil à la COP26 de Glascow

Mise à jour 13.11.2021 à 21:49 par TV5MONDE

Prévue de s’achever initialement vendredi, la conférence de l’ONU sur le climat, COP26, se poursuit ce samedi 13 novembre à Glasgow en Ecosse. Un nouveau projet de déclaration finale a été dévoilé. Il appelle à « accélérer les efforts » vers la sortie du charbon et le rythme des engagements des pays pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais sans avancée sur l’épineuse question de l’aide financière aux pays pauvres.

Le président américain Joe Biden a pris part à cette importante conférence sur le climat (REUTERS).

19h45 : Accord à la COP26 pour accélérer la lutte contre le réchauffement

La COP26 a adopté samedi un « pacte de Glasgow » destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, mais sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

L’adoption définitive du texte est intervenue à l’issue de deux semaines de négociations éprouvantes, d’un coup de marteau du président britannique de la conférence mondiale sur le climat et après des changements de dernière minute introduits par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles.

L’Inde a en effet demandé de modifier le texte final de l’accord pour dire « réduire progressivement » plutôt que  « éliminer progressivement » l’énergie au charbon. Selon The Guardian, Le Liechtenstein s’est dit « profondément déçu », mais « pour le bien collectif, nous devons avaler cette pilule amère ».  D’autres pays ont fait part de leur déception, et amertume à l’issue de cette conférence. Le Mexique s’est plaint d’un « processus non-inclusif et non-transparent ».

Le président de cette COP, Alok Sharma s’est excusé de la manière dont les tractations se sont déroulées. « Je suis profondément désolé », a-t-il déclaré les larmes aux yeux, en parlant des changements de dernière minute introduits sur la question des énergies fossiles à la demande de la Chine et de l’Inde.  Il a néanmoins remercié la conférence pour avoir accepté un accord « plein de sens pour notre planète et sa population ».

Une vue de la salle.

« C’est mou, c’est faible, et l’objectif de 1,5°C est à peine en vie, mais il y a un signal sur la fin de l’ère du charbon. Et c’est important », a commenté Jennifer Morgan, patronne de Greenpeace International. 

Le dossier explosif de l’aide aux pays pauvres, qui a un temps semblé pouvoir faire dérailler les négociations, n’a par contre pas trouvé de résolution.
Echaudés par la promesse toujours non tenue des plus riches de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards de dollars par an, les pays pauvres, les moins responsables du réchauffement mais en première ligne face à ses impacts, demandaient un financement spécifique des « pertes et préjudices » qu’ils subissent déjà. Les pays développés, au premier rang desquels les Etats-Unis, qui redoutent de possibles conséquences juridiques, s’y sont fermement opposés.

Et à contrecoeur, les pays pauvres ont cédé, acceptant une poursuite du dialogue afin ne pas perdre les avancées sur la lutte contre le réchauffement, dont les effets les menacent déjà directement. 

« C’est une insulte aux millions de personnes dont les vies sont ravagées par la crise climatique », a commenté Teresa Anderson, de l’ONG ActionAid International. Pour Greta Thunberg, la COP26 s’est résumée à du « bla-bla-bla ».

La société civile a pleinement joué son rôle en alertant sur les graves risques du réchauffement climatique.

Malgré la conclusion de cet accord, « la catastrophe climatique frappe toujours à la porte », selon le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Dans un communiqué, il a estimé que cette conférence a débouché sur « des pas en avant bienvenus, mais ce n’est pas assez ».

18h00 GMT vers un accord final imminent

Le session plénière informelle s’est terminée et devrait être suivie après une interruption par la plénière de clôture de la COP pour l’adoption de l’accord final. « C’est le moment de vérité pour notre planète et c’est aussi le moment de vérité pour nos enfants et nos petits enfants » avait déclaré le président britannique de la COP26 Alok Sharma.

Alok Sharma n’a eu de cesse de plaider auprès de l’ensemble des délégués représentants environ 200 pays participants d’accepter le nouveau projet de déclaration finale  publiée samedi matin. Il a reconnu que le « le texte est imparfait » mais qu’il faisait l’objet d’un compromis et de soutien.

Le texte de la déclaration finale de 10 pages va s’intituler Pacte de Glasgow pour le climat est d’ores et déjà consultable.

L’objectif affiché des Britanniques lors de cette COP est de « garder en vie » l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Le représentant de la Chine a assuré n’avoir pas l’intention de « rouvrir » les négociations sur le texte, tout aussi « imparfait » qu’il soit. 

Au nom du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents), qui a mené la bataille ces derniers jours, le Guinéen Amadou Sebory Touré a exprimé son « extrême déception » sur ce point, assurant toutefois que dans un « esprit de compromis », le groupe « peut vivre » avec.

16h00 GMT – L’Inde défend « un usage responsable » des énergies fossiles

L’Inde a défendu le droit des pays en développement à « un usage responsable » des énergies fossiles, principale cause du réchauffement climatique.

« Les pays en développement ont le droit à leur juste part du budget carbone mondial et à un usage responsable des énergies fossiles », a déclaré le représentant indien lors de la réunion plénière sur le projet de déclaration finale de la conférence mondiale sur le climat, qui mentionne pour la première fois une limitation de ces énergies.

Les représentants de l’Afrique du Sud et de la Chine rejoignent l’Inde dans sa critique du paragraphe 36 de cette déclaration, selon The Guardian. La mention de « la sortie de l’énergie au charbon et des subventions inefficaces aux énergies fossiles » apparaît pour la première fois dans un texte officiel d’une COP. Pour l’Afrique du Sud, « une solution unique pour tous n’est pas une bonne solution ». Aucun texte alternatif n’est proposé pour le moment. 

14h00 GMT – le projet de déclaration finale ne convient pas à tout le monde

Le président de la conférence sur le climat COP26,Alok Sharma, a appeléles délégués à accepter le projet de déclaration, jugeant qu’il est « équilibré » et « fait réellement avancer les choses pour tout le monde ». Lors de la séance plénière, il a déclaré : « Tout le monde a pu s’exprimer et j’espère que mes collègues apprécieront ce qui est sur la table ».
« Tous les aspects n’en seront pas accueillis favorablement par tous »
, a concédé Alok Sharma au sujet du texte, dans une brève allocution avant d’accorder 45 minutes supplémentaires aux délégations. « Mon intention est que nous mettions un terme à cette COP cet après midi », a-t-il dit d’un ton ferme.

Néanmoins, de nombreux observateurs sont profondément déçus de cette déclaration finale. Les pays en développement avaient notamment demandé un mécanisme spécifique de prise en compte des « pertes et préjudices », c’est-à-dire les dommages déjà causés par les impacts ravageurs des tempêtes, sécheresses et canicules qui se multiplient.

Selon Mohamed Adow de l’ONG Power Shift Africa, « le texte a été affaibli » par rapport à une précédente version publiée jeudi 11 novembre, expurgée d’une référence déjà considérée minimale à un système d’appui « technique »« Les pays riches poussent vers un système qui aboutirait à un forum de bavardages incessants » avec la passivité de la présidence britannique, a-t-il dénoncé.

Le représentant guinéen Amadou Sebory Touré, chef du groupe de négociation G77+Chine (plus de 100 pays en développement et émergents), avait encore insisté vendredi 12 novembre pour qu’un tel mécanisme figure dans le texte, rappelant que la proposition émanait « de la totalité du monde en développement », grands pays émergents compris.

De version en version, la portée du texte a été amoindrie. Il ​appelle désormais les pays membres à « accélérer les efforts vers la sortie de l’énergie au charbon sans systèmes de capture (de CO2) et des subventions inefficaces aux énergies fossiles ».

10h00 GMT – un nouveau projet de déclaration finale appelle à « accélérer les efforts »

Après un sommet accueillant plus de 120 chefs d’Etat, des annonces en tout genre sur les forêts ou le méthane et deux semaines de négociations serrées sur de nombreux sujets explosifs, la présidence espère boucler ce samedi les difficiles négociations, avec un jour de retard sur le calendrier prévu. Et réussir ainsi à « garder vivant » l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, celui de limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Un nouveau projet de déclaration finale de la conférence de Glasgow sur le climat appelle ce samedi à « accélérer les efforts » vers la sortie du charbon et le rythme des engagements des pays pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le texte mis en ligne par la présidence britannique de la COP26 ne fait par contre aucune mention d’un mécanisme spécifique pour compenser les « pertes et préjudices » déjà subis par les pays les plus pauvres et exposés aux effets du réchauffement, une de leurs revendications fortes et un des points très controversés des négociations.

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