Affaire DSK : Nafissatou Diallo sort de son silence

L’ancienne femme de chambre du Sofitel de New York qui a accusé Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle, avant de signer un accord avec lui, s’exprime pour la première fois dans le magazine Paris Match, jeudi 10 septembre.

C’était il y a neuf ans. Le 10 décembre 2012, l’ancien directeur du Fonds monétaire international et potentiel présidentiable socialiste, Dominique Strauss-Kahn, trouvait un accord « confidentiel » avec Nafissatou Diallo, femme de chambre au Sofitel de New York. Un accord financier qui mettait fin aux poursuites civiles à l’encontre de l’ancien ministre de l’Économie et qui a plongé la femme, 33 ans à l’époque, dans le silence. Elle en est sortie jeudi 9 septembre dans un entretien pour le magazine Paris Match.

« J’ai dit la vérité. J’ai été piégée et trahie, assure-t-elle. Je ne me remettrai jamais de la façon dont les procureurs de New York m’ont traitée. À cause de ce qu’ils m’ont fait subir, j’ai eu envie de me suicider. J’ai été traitée de prostituée ! »

Après toutes ces années, le doute subsiste toujours sur ce qu’il s’est passé dans cette chambre du désormais fameux Sofitel, le 14 mai 2011. Une accusation d’agression sexuelle qui l’a mise sur le devant de la scène, à un an de l’élection présidentielle où « DSK » était pressenti pour affronter le président de la République français de l’époque, Nicolas Sarkozy.

« L’affaire DSK a gâché ma vie », affirme-t-elle au journaliste de Paris Match, qui lui a demandé comment se relever d’une pareille exposition publique et ce qu’elle comptait faire de sa vie. « Je veux créer une fondation dont j’ai déjà le nom en tête pour aider les femmes qui, comme moi, sont arrivées en Amérique sans éducation, sans même parler la langue, et qui ont vécu des situations horribles. […] Je ne m’étais jamais considérée comme une militante féministe, mais je veux que ce qui m’est arrivé serve aux autres. »

Avec le recul, aurait-elle voulu faire autrement face aux procureurs dont elle critique les méthodes ? « Si c’était à refaire, je referais exactement pareil. Ce qui est arrivé m’est tombé dessus. J’ai dit la vérité et j’ai été privée de justice », répond-elle. Elle compte sortir un livre sur son histoire.

SOURCE : Le Dauphiné

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