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Bobo-Dioulasso : Le syndicat des transporteurs intercepte cinq cars ivoiriens en transit sur le territoire burkinabè, avec à son bord des passagers nigériens

Le syndicat des transporteurs du Burkina Faso/Section Hauts-Bassins a intercepté cinq cars de compagnie ivoirienne de transport, ce samedi 16 octobre 2021 à Farakoba, à environ 15 km de Bobo-Dioulasso. Ces bus transportaient des passagers nigériens de la Côte d’Ivoire pour le Niger, en traversant le territoire burkinabè. Pour le syndicat, « il n’est pas normal que des cars quittent ailleurs pour venir au Burkina Faso pendant que les frontières sont fermées ».

Selon le responsable du convoi, Chaibou Tounao, Nigérien résident en Côte d’Ivoire, il aurait reçu un laissez-passer de l’ambassadeur du Burkina Faso en République de Côte d’Ivoire pour transiter par le territoire burkinabè, en passant par le poste frontalier de Yendéré, pour aller au Niger. A l’en croire, le convoi est composé de ressortissants nigériens musulmans qui veulent aller fêter le Mouloud (la naissance du prophète Mohamed) dans leur pays.

« Nous ne sommes pas venus ici par hasard. Il s’agit d’un convoi de ressortissants nigériens musulmans qui, chaque année, partent fêter le Mouloud dans leur pays avec l’autorisation des autorités ivoiriennes. Et cette année encore, nous avons eu l’accord des autorités ivoiriennes et burkinabè. Nous savons que les frontières sont fermées, c’est pourquoi nous avons demandé un laissez-passer avant de bouger », a-t-il expliqué.

Alerté depuis la frontière, le syndicat des transporteurs du Burkina Faso/section des Hauts-Bassins, estime qu’il n’est pas normal que des cars quittent ailleurs pour traverser le territoire burkinabè pendant que les frontières sont fermées. C’est pourquoi, il a décidé de bloquer les bus à l’entrée de la ville de Bobo-Dioulasso. A travers un mouvement d’humeur spontané, les transporteurs ont décidé ainsi d’exprimer leur mécontentement à l’endroit des responsables du pays et demandent l’ouverture des frontières.

« Nous voulons rappeler à nos autorités que les frontières sont fermées à tout le monde et que nous, en tant que Burkinabè, nos véhicules ne peuvent plus aller en Côte d’Ivoire, surtout nos cars. Donc il n’y a pas de raison que des cars quittent ailleurs pour venir au Burkina. Soit, ils déposent les passagers à la frontière et les cars burkinabè vont les acheminer à la frontière du Niger (…) », a laissé entendre Mamadou Touré, vice-président de la faitière des transporteurs dans les Hauts-Bassins.

Selon le syndicat, si les autorités peuvent livrer des laissez-passer à des personnes, « autant ouvrir les frontières à tout le monde ou en donner également aux Burkinabè qui sont en Côte d’Ivoire et qui désirent rentrer au pays ». Mamadou Touré a affirmé que les autorités de la région ont été avisées, notamment le gouverneur des Hauts-Bassins et le directeur régional en charge des transports. Pour lui, « l’objectif de la manifestation n’est pas de faire du mal à des gens, mais plutôt d’attirer l’attention des autorités sur la nécessité d’ouvrir les frontières à tout le monde pour permettre à la population de circuler librement ».

Le syndicat contre le transport des passagers par des véhicules personnels

« Nous voulons également attirer l’attention des autorités sur un phénomène qui se passe au niveau des frontières. Il s’agit du trafic concernant le transport de passagers. Nous avons constaté que ce sont des véhicules personnels qui transportent les passagers de Ouangolo à Ouagadougou, à 75 000 francs CFA. Il faut que cela cesse. C’est pourquoi nous avons décidé que désormais, ces véhicules seront bloqués ici, lorsqu’ils seront pris avec des passagers venant de la Côte d’Ivoire », a insisté Mamadou Touré.

En ce qui concerne le convoi de Nigériens bloqué à Farakoba, les militants du syndicat veulent se concerter à la base et échanger également avec les autorités, afin de prendre une décision. « Pour la suite, nous allons nous concerter d’abord. Il faut que les gens sachent que ce n’est pas de gaité de cœur que nous le faisons. Les passagers sont couchés dans la nature et c’est choquant, mais il faut qu’on échange d’abord pour voir si ce sont les Burkinabè qui vont les transporter jusqu’à la frontière du Niger », a indiqué Mamadou Touré. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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