Étude: un spray nasal serait capable « d’inactiver le Sars-CoV-2 » et de limiter l’infection

Des chercheurs américains ont publié une étude dans laquelle ils indiquent qu’un spray nasal de povidone iodée pourrait limiter la propagation du virus dans le corps.

Les sprays nasaux peuvent-ils se révéler efficaces afin de neutraliser le Sars-CoV-2 ? Les chercheurs ont identifié il y a déjà des mois que le nez constitue la principale porte d’entrée du coronavirus dans le corps humain. En début d’infection, les plus fortes concentrations virales ont d’ailleurs été retrouvées dans le nasopharynx et l’oropharynx aussi bien pour les patients symptomatiques qu’asymptomatiques. Puis le virus migre progressivement vers les poumons. Et de précédentes études scientifiques ont démontré que le Sars-CoV-2 infecte les cellules humaines en passant par une « porte », une protéine accrochée à certaines cellules appelée ACE2, que l’on retrouve dans tout le corps, mais en particulier dans les nez et les poumons. 

Vue en coupe des différentes parties du pharynx.Sémhur/Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

De nombreux scientifiques se sont donc logiquement demandé si un traitement antiseptique pulvérisé directement dans les cavités nasales peut empêcher le virus de se multiplier et donc limiter l’infection, ou du moins limiter sa gravité.  

« Inactiver complètement le Sars-CoV-2 après 15 secondes de contact »

Sept chercheurs de l’Université de médecine de l’école du Connecticut (Etats-Unis) ont creusé cette piste et publient ce jeudi 17 septembre les résultats de leurs travaux dans la revue Jama Otolaryngology. Selon eux, de faibles concentrations de povidone iodées diluées dans de l’eau, un composé chimique couramment utilisé comme antiseptique plus communément connu sous le nom de Bétadine, permettraient « d’inactiver complètement le Sars-CoV-2 après 15 secondes de contact ».  

Pour le démontrer, ils ont testé trois sprays contenant respectivement 0,5, 1,25 et 2,5% de povidone iodée, un spray contenant 70% d’éthanol et un dernier contenant uniquement de l’eau, afin de disposer d’une mesure comparative. Ils ont pulvérisé ces différents sprays sur des cultures de laboratoire de Sars-CoV-2 pendant 15 ou 30 secondes et ont ensuite mesuré la concentration du virus après pulvérisations. « Nous avons sélectionné la povidone iodée en raison de son efficacité in vitro [sur des cultures en laboratoire, NDLR] contre le virus SARS-CoV-1 et MERS 1 démontrée dans deux études, et ce même avec des concentrations aussi basses que 0,23% », écrivent les chercheurs. 

Une protection de plus

Selon eux, les résultats ont été à la hauteur de leur attente puisque les trois sprays nasaux à base de povidone iodée ont complètement inactivé le SARS-CoV-2 après 15 secondes de contact avec la culture de virus. L’éthanol à 70 % n’a, lui, pas complètement inactivé le coronavirus après 15 secondes. En revanche, tous les sprays ont fonctionné après 30 secondes de contact, soulignent-ils, tout en précisant qu’aucun effet toxique sur les cellules n’a été observé avec chacun des antiseptiques nasaux testés. Ils rappellent par ailleurs que l’utilisation intranasale de povidone de courte durée a déjà démontré son innocuité sur des humains à des concentrations inférieures ou égales à 1,25 %. 

« Notre étude démontre que les solutions antiseptiques nasales à base de povidone iodée permettent d’inactiver rapidement le SARS-CoV-2 après seulement 15 secondes de contact et à même à une faible concentration de 0,5%, soutiennent les auteurs dans leurs conclusions. Dès lors, l’inactivation virale dans le nez peut non seulement empêcher la propagation de personne à personne, mais peut également diminuer la gravité de la maladie chez les patients en limitant la propagation du virus et en diminuant la charge virale délivrée aux poumons ». Ces sprays pourraient donc jouer un rôle complémentaire en plus de l’équipement de protection individuelle déjà disponible. Si ces résultats sont extrêmement encourageants, il s’agit néanmoins d’une étude in vitro qui devra être confirmée par des tests sur des personnes infectées par le virus. 

L’EXPRESS

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