En Côte d’Ivoire, le trafic de gaz butane et son mauvaise usage inquiètent
En Côte d’Ivoire, le gaz butane destiné à la cuisson des ménages alimente de plus en plus un marché clandestin. Des bouteilles sont transvasées illégalement pour remplir des bonbonnes plus grandes ou servir de carburant à certains véhicules. Des pratiques interdites mais surtout extrêmement dangereuses, que les autorités tentent d’enrayer. Depuis le début de l’année, plusieurs milliers de bouteilles de gaz et des dizaines de machines de transvasement ont été saisies à Abidjan et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays lors d’opérations menées par la Direction générale des hydrocarbures.
À première vue, il ne s’agit que de simples bouteilles reliées par un tuyau. Et pourtant, derrière cette installation rudimentaire se cache une activité illégale et risquée. Le procédé consiste à transférer le gaz d’une bouteille de six kilos vers une autre de douze kilos à l’aide d’un raccord artisanal.
L’opération est réalisée sans équipement homologué, sans contrôle de la pression et souvent dans des garages ou des habitations. Or, le moindre incident peut provoquer d’énormes dégâts, alerte Marc N’Gozan, ancien agent des sapeurs-pompiers : « C’est très dangereux. Parce que c’est dans des espaces clos qu’ils font ces transvasements. Généralement, le gaz butane se dépose toujours en partie basse. Et lorsqu’il y a une concentration, c’est sûr et certain qu’il y aura une explosion. »
Utilisé comme carburant
Autre pratique tout aussi dangereuse : l’utilisation du gaz butane subventionné comme carburant pour certains véhicules. Moins coûteux que l’essence ou le gasoil et relativement facile à se procurer, il séduit des chauffeurs en quête d’économies. « Grâce au butane, ils augmentent leurs bénéfices », résume un automobiliste. Une pratique pourtant illégale, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement.
Contactée par RFI, la Direction générale des hydrocarbures de Côte d’Ivoire n’a pas donné suite à nos sollicitations.

